Bien-être : la norme AFNOR sur le massage franchit une étape
La semaine du 21 au 27 septembre 2026 a surtout apporté un point d'étape sur la norme AFNOR NF S99-804 consacrée au massage bien-être. Selon la Fédération Française de Massage Bien-Être (FFMBE), dans un article publié le 21 septembre 2026 et signé par sa présidente Eloïse Mercier, le projet de norme a franchi une étape après une enquête publique menée du 8 avril au 1er juin 2026. Celle-ci a recueilli environ une centaine de commentaires, ainsi que des avis formels de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes et de la Confédération nationale des instituts de beauté et spas.
Le vote qui a suivi cette enquête publique s'est soldé, toujours selon la FFMBE, par 22 voix favorables (dont 9 assorties de réserves), une seule voix défavorable accompagnée de commentaires, et trois abstentions. Deux échéances sont annoncées : une réunion du groupe de travail le 24 septembre 2026 pour examiner les modifications à apporter au texte, puis une rencontre courant octobre 2026 avec les auteurs des remarques formulées lors de l'enquête publique. La FFMBE vise une finalisation de la norme d'ici la fin de l'année 2026, en précisant que ce processus volontaire prend du temps compte tenu du nombre de commentaires à arbitrer entre les différents acteurs.
Ce dossier s'inscrit dans un climat plus large de vigilance sur les normes AFNOR du bien-être, depuis l'annulation, le 19 juin 2026, de la norme sur la réflexologie (NF S99-807) par le Conseil d'État. Cette décision avait relancé le débat sur les limites du pouvoir de normalisation de l'AFNOR face aux pratiques de bien-être, et plusieurs organisations du secteur avaient depuis demandé une relecture juridique renforcée des projets de normes encore en cours d'élaboration, dont celui sur le massage bien-être. Aucun développement nouveau et daté cette semaine n'a en revanche été identifié sur les autres chantiers du secteur, notamment les labels privés CertiReflexo et QualiRéflexo lancés le 11 septembre 2026 par le Syndicat des Professionnels du Bien-être (SPBE) et l'ARRnCp, ni sur la réforme du compte professionnel de formation portée par le ministère du Travail.
Un partenariat de vingt ans entre massage bien-être et action sociale
Toujours le 21 septembre 2026, la FFMBE a mis en avant un second volet de son activité, associatif cette fois : un partenariat qui dure depuis une vingtaine d'années avec l'association Soiliance, spécialisée dans le tourisme social. Le principe, décrit par Jacqueline Thonet, présidente de Soiliance, repose sur un échange de services. Des praticiens et praticiennes en massage bien-être reçoivent des séjours en pension complète en village de vacances, et proposent en échange des séances de massage assis en soirée aux vacanciers, moyennant une contribution de 50 euros par séjour destinée à financer les actions de l'association.
Ces contributions financent chaque année environ 600 séances de massage bien-être pour des personnes suivies pour un cancer en Côte-d'Or, en lien avec la Ligue contre le cancer, ainsi que des permanences hebdomadaires à la Maison des femmes de Dijon, qui accompagne des femmes victimes de violences. Ce genre d'initiative rappelle un rôle du secteur du bien-être moins souvent mis en avant que les débats réglementaires, celui d'appoint auprès de publics fragilisés, sans jamais se substituer à un suivi médical.
Paramédical : un rapport gouvernemental relance le débat sur le remboursement de l'ostéopathie
Sur le plan paramédical, le fait marquant de la semaine est la remise, le 23 septembre 2026, du rapport de la mission confiée à Élisabeth Hubert, Nicolas Bouzou, Stéphane Junique et Franck von Lennep sur l'articulation entre l'assurance maladie obligatoire (AMO) et les complémentaires santé (AMC), selon les informations rapportées par AEF info. Ce rapport formule 22 recommandations qui pourraient transformer le partage des rôles entre Sécurité sociale et mutuelles, parmi lesquelles des transferts de charges vers les complémentaires pour certains postes (optique, audioprothèses, certains transports sanitaires non urgents, premiers jours d'indemnisation des arrêts maladie), ainsi que la création d'un nouveau « contrat essentiel » destiné à remplacer l'actuel contrat responsable. Le gouvernement a réagi le jour même par communiqué, annonçant des « travaux » à venir, qui pourraient nourrir le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Ce rapport a suscité, dès le 25 septembre 2026, plusieurs réactions liées au secteur paramédical suivi par Paralib. Ostéopathes de France (ODF) a publié une analyse pointant le risque que l'ostéopathie soit jugée « non prioritaire » et exclue du futur « contrat essentiel » à avantage fiscal, ce qui pourrait, selon l'organisation, contraindre les mutuelles à augmenter leurs tarifs ou à supprimer le remboursement des séances. L'ODF évoque trois scénarios : un maintien inchangé de la prise en charge, une inclusion optionnelle avec surcoût pour l'assuré, ou une exclusion pure et simple faute de données scientifiques jugées suffisantes. L'organisation qualifie ces éléments de « préoccupants », tout en rappelant qu'il ne s'agit à ce stade que d'une proposition soumise à arbitrage gouvernemental, et annonce vouloir mobiliser son réseau parlementaire pour préserver l'accessibilité de la profession.
De son côté, le Registre des Ostéopathes de France (R.O.F.) a diffusé un communiqué appelant à « évaluer avant d'exclure », relayé le même jour par le site professionnel La Veille Acteurs de Santé, en soulignant que l'UNAPL et l'U2P, organisations représentatives des professions libérales, avaient participé aux auditions de la mission. L'association d'usagers France Assos Santé a, elle aussi, publié le 25 septembre 2026 un communiqué s'inquiétant plus largement que ce rapport « affaiblisse la solidarité et renforce les inégalités ». Elle rappelle que, selon les données du rapport lui-même, 7 % des 20 % de Français les plus modestes et 11 % des chômeurs ne disposent pas de complémentaire santé, et regrette l'absence de représentation explicite des usagers dans la gouvernance envisagée pour ce nouveau système.
Dossiers de fond : où en sont les autres chantiers du bien-être et du paramédical
Plusieurs dossiers suivis de semaine en semaine par la rédaction n'ont pas connu de nouveau développement daté précisément entre le 21 et le 27 septembre 2026, mais restent d'actualité. Sur le volet bien-être, les labels privés CertiReflexo, destiné aux praticiens, et QualiRéflexo/QualiRéflexoSpe, destiné aux organismes de formation, lancés le 11 septembre 2026 par le SPBE et l'Association pour la Recherche et la Reconnaissance de la Réflexologie (ARRnCp), poursuivent leur déploiement avec un objectif annoncé de 500 praticiens labellisés d'ici octobre 2026. Aucun bilan chiffré actualisé n'a toutefois été publié cette semaine. La réforme du compte professionnel de formation portée par le ministère du Travail, qui doit à terme conditionner la validation préalable des formations aux métiers du bien-être, n'a pas non plus fait l'objet d'annonce nouvelle dans la période.
Sur le volet paramédical, le bras de fer conventionnel entre les syndicats de kinésithérapeutes (Alizé, SNMKR, FFMKR) et la Caisse nationale d'assurance maladie autour du rapport « Charges et produits 2027 », adopté avec réserves début juillet 2026, reste sans développement nouveau cette semaine. Il en va de même pour les suites données par le gouvernement aux vingt recommandations de la mission flash de l'Assemblée nationale sur les infirmiers en pratique avancée, présentées début juillet 2026, ainsi que pour le calendrier d'application de la recommandation de la Haute Autorité de santé du 20 juillet 2026 sur la vaccination antigrippale des professionnels de santé, toujours non fixé à ce jour. Le dispositif « Mon bilan de prévention » pour les kinésithérapeutes, prévu par un arrêté du 28 juillet 2026, doit entrer en vigueur au 1er octobre 2026 : sa mise en œuvre concrète sera à surveiller dans les prochaines semaines.
À retenir
La semaine du 21 au 27 septembre 2026 aura surtout été marquée, côté bien-être, par une avancée mesurée sur le dossier normatif du massage bien-être, porté par la FFMBE, dans un climat de vigilance depuis l'annulation de la norme réflexologie par le Conseil d'État en juin dernier. Côté paramédical, la remise du rapport sur l'articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires ouvre un chantier que les praticiens d'ostéopathie suivront de près, notamment lors des débats budgétaires de fin d'année. Comme le rappellent les organisations professionnelles elles-mêmes, ces recommandations restent à ce stade des pistes de travail gouvernementales, pas des décisions actées.