Prévention et vigilance : un nouveau guide contre les dérives sectaires en santé
Le ministère de la Santé a annoncé le 29 septembre 2026 la publication d'un nouveau guide intitulé « Santé et dérives sectaires », élaboré avec la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), le ministère de l'Intérieur et plusieurs ordres professionnels de santé, dont ceux des médecins, des pharmaciens, des infirmiers, des masseurs-kinésithérapeutes, des sages-femmes, des chirurgiens-dentistes et des pédicures-podologues.
Selon le ministère, ce document propose des fiches pratiques par profession destinées à aider les soignants à repérer les signaux d'emprise mentale : refus de soins conventionnels, pression financière, isolement progressif du patient ou dépendance excessive à un praticien. En parallèle, un outil pédagogique baptisé « Dérivomètre » a été présenté : il liste les signaux d'alerte les plus courants, à commencer par les promesses de guérison. Le Moniteur des pharmacies, qui a relayé l'information le 30 septembre, rappelle que le secteur de la santé reste le premier motif de signalement reçu par la Miviludes, à l'origine d'environ un quart des alertes transmises à la mission.
Pour Paralib, qui réunit des praticiens de disciplines parfois présentées comme des cibles privilégiées des dérives sectaires (accompagnement du cancer, de l'autisme ou de pathologies chroniques), ce rappel institutionnel vaut la peine d'être répété : aucune pratique de bien-être référencée sur la plateforme ne doit se substituer à un avis ou un traitement médical, et aucun praticien ne doit promettre une guérison. Le bien-être, la relaxation ou l'accompagnement du stress sont des démarches complémentaires, jamais des alternatives aux soins conventionnels.
Réglementation et financement : le PLFSS 2027 et ses conséquences pour le paramédical
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 a été exposé en Conseil des ministres le 1er octobre 2026 par le ministre de l'Économie, des Finances, Roland Lescure, accompagné de David Amiel, de Jean-Pierre Farandou et de Stéphanie Rist. Selon le compte rendu officiel du Conseil des ministres, le texte vise à ramener le déficit de la sécurité sociale à 12,7 milliards d'euros, contre 21,8 milliards attendus pour 2026, avec un objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) en hausse de 2 %. Le calendrier parlementaire prévoit un examen à l'Assemblée nationale du 20 au 26 octobre, un vote solennel le 27 octobre, puis un passage au Sénat en novembre.
Plusieurs mesures intéressent directement les professions paramédicales que compte aussi l'annuaire Paralib. D'après les éléments présentés lors de la conférence de presse du ministère de l'Économie, des négociations conventionnelles sont programmées en 2027 pour revaloriser notamment les pharmaciens, les transporteurs sanitaires, les masseurs-kinésithérapeutes, les orthophonistes et les sages-femmes. Les infirmiers libéraux bénéficieraient d'un nouvel avenant conventionnel doté de 500 millions d'euros, avec des revalorisations annoncées à partir du 1er novembre 2026, ainsi que l'ouverture de la téléconsultation assistée à leur profession. Du côté des pharmaciens, le texte prévoirait une contribution de 100 millions d'euros sur les flux financiers des groupements officinaux, dans un contexte de baisses de prix du médicament évaluées à 1,3 milliard d'euros pour 2027.
Ces annonces restent à ce stade des orientations gouvernementales : le texte n'a pas encore été examiné ni amendé par le Parlement, et les montants précis pourront évoluer d'ici le vote final prévu en décembre. Autre point de friction identifié dès la présentation du texte : la reconduction d'une surtaxe sur les contrats de complémentaire santé, assortie d'un transfert d'environ 400 millions d'euros de dépenses hospitalières vers les organismes complémentaires. La Mutualité Française, France Assureurs et le CTIP ont réagi dès le 1er octobre pour dénoncer ce qu'ils qualifient de coupe aveugle, un bras de fer qui pourrait peser sur le débat parlementaire à venir.
Toujours au 1er octobre 2026, et de façon plus concrète pour les patients, le plafond annuel des franchises médicales et participations forfaitaires est passé de 100 à 140 euros par assuré, avec un relèvement du plafond par catégorie de soins de 50 à 70 euros. Cette hausse, actée par décret du 28 juillet 2026, concerne aussi les actes paramédicaux puisque la franchise d'un euro par acte infirmier ou de kinésithérapie reste due dans cette nouvelle limite annuelle.
Prévention : les kinésithérapeutes peuvent désormais réaliser « Mon bilan prévention »
Toujours daté du 1er octobre 2026, un autre texte entre en application : les masseurs-kinésithérapeutes conventionnés peuvent désormais réaliser le dispositif « Mon bilan prévention », au même titre que les médecins, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes. Ce bilan, pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, s'adresse aux assurés de quatre tranches d'âge : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Il est rémunéré 30 euros en métropole (31,50 euros outre-mer) et facturé sous un code spécifique, après déclaration du praticien sur son espace professionnel Santé.fr au moyen de sa carte CPS ou de son e-CPS.
Cette entrée en vigueur avait été annoncée dès le mois d'août, à la suite d'un arrêté du 28 juillet 2026, mais c'est bien à la date du 1er octobre qu'elle devient effective pour les patients et les cabinets de kinésithérapie. Le dispositif complète les bilans déjà réalisés par les autres professions de santé dans le cadre de la politique de prévention voulue par le gouvernement, et il peut concerner, selon les cas, des patients suivis également pour des approches de bien-être complémentaires comme la relaxation ou l'accompagnement postural.
Protection sociale : un rapport parlementaire relance le débat sur le partage AMO/AMC
La mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss) de l'Assemblée nationale a publié, le 29 septembre 2026, un rapport d'information sur la répartition des dépenses entre l'assurance maladie obligatoire (AMO) et l'assurance maladie complémentaire (AMC). Porté par les députés Thibault Bazin, Jérôme Guedj et Thierry Frappé, ce rapport ne tranche pas entre deux architectures concurrentes qui s'opposent depuis plusieurs mois dans le débat public : d'un côté, une « grande Sécu » qui renforcerait la prise en charge par l'AMO, défendue notamment par Jérôme Guedj, de l'autre, un scénario de « décroisement » dans lequel certains postes de soins sortiraient du champ de l'assurance maladie obligatoire pour être pris en charge principalement par les complémentaires, une piste privilégiée par Thibault Bazin et Thierry Frappé.
Ce rapport est distinct de celui remis le 23 septembre 2026 par la mission Hubert-Bouzou-Junique-von Lennep, qui avait formulé 22 recommandations, dont la création d'un « contrat essentiel » susceptible d'exclure certaines pratiques non conventionnelles du remboursement par les complémentaires. Les commentaires de presse autour du rapport de la Mecss évoquent la possibilité que les cures thermales et certaines « médecines douces » soient à leur tour concernées par ces pistes de décroisement, dans la continuité des travaux de la mission Hubert. À ce stade, cependant, aucune décision n'a été prise et le rapport lui-même porte d'abord sur des postes comme l'optique, le dentaire et les audioprothèses : il s'agit d'un document d'étape qui nourrit un débat encore ouvert, pas d'une mesure actée pour les praticiens du bien-être.
Dossiers à suivre : pas de nouveauté cette semaine sur les normes et labels bien-être
Les dossiers de fond suivis par Paralib Actu depuis plusieurs mois n'ont pas connu de développement daté sur cette semaine précise. La réunion du groupe de travail sur la norme AFNOR du massage bien-être (NF S99-804), annoncée pour le 24 septembre par la Fédération française des masseurs bien-être (FFMBE), n'a pas donné lieu à une communication publique entre le 28 septembre et le 4 octobre : la rencontre avec les auteurs de remarques, promise pour le mois d'octobre, reste pour l'instant sans date précise. De même, aucun bilan chiffré n'a été publié sur les labels CertiReflexo et QualiRéflexo lancés en septembre par le Syndicat professionnel du bien-être (SPBE) et l'Association pour la recherche et le recensement des pratiques de la réflexologie (ARRnCp), dont l'objectif annoncé reste d'atteindre 500 praticiens labellisés d'ici la fin du mois d'octobre 2026.
Les autres dossiers régulièrement suivis, qu'il s'agisse de la norme AFNOR sur la naturopathie, de la réforme du compte professionnel de formation portée par Jean-Pierre Farandou, ou du bras de fer conventionnel entre les syndicats de kinésithérapeutes et l'Assurance maladie autour du rapport « Charges et produits 2027 », n'ont pas non plus connu de développement vérifiable et daté cette semaine. Ils restent toutefois d'actualité et seront suivis dans les prochaines éditions.
À retenir
Pour le bien-être, cette semaine retient d'abord le rappel du ministère de la Santé et de la Miviludes sur la vigilance à exercer face aux dérives sectaires en santé. Côté paramédical, le PLFSS 2027 et l'entrée en vigueur de « Mon bilan prévention » pour les cabinets de kinésithérapie concentrent l'essentiel des changements concrets, même si le texte budgétaire reste à ce stade un projet, non encore examiné par le Parlement. Le débat sur le partage des dépenses entre assurance maladie obligatoire et complémentaires, relancé par le rapport de la Mecss, n'a quant à lui débouché sur aucune décision cette semaine et reste un dossier ouvert, sans conséquence actée pour les praticiens du bien-être référencés sur Paralib.