Semaine du 31 août au 6 septembre 2026 : deux réformes entrent en vigueur, en kinésithérapie et en orthophonie
La rentrée de septembre a été marquée, dans le secteur paramédical, par l'entrée en vigueur simultanée de deux textes préparés depuis plusieurs mois : une revalorisation d'actes en kinésithérapie assortie d'un nouveau bilan dédié aux personnes âgées, et une réforme des études d'orthophonie qui change la formation des futurs professionnels sans toucher au métier de ceux qui l'exercent déjà. Après un passage en revue des publications institutionnelles, de la presse professionnelle et des communications des ordres et syndicats du secteur, aucune actualité datée et solidement sourcée n'a en revanche été identifiée cette semaine du côté du bien-être au sens large (sophrologie, naturopathie, réflexologie, méditation, yoga, hypnose…), qui constitue habituellement le premier axe de cette chronique. Cette édition s'appuie donc, à titre exceptionnel, sur l'actualité paramédicale disponible plutôt que d'ajouter des informations non datées ou incertaines pour compenser.
Kinésithérapie : les revalorisations de l'avenant 7 et un nouveau bilan de fragilité entrent en vigueur
Depuis le 1er septembre 2026, plusieurs actes de rééducation neurologique inscrits à la nomenclature des masseurs-kinésithérapeutes sont revalorisés d'un point de coefficient, selon les précisions publiées le même jour par la Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR) et confirmées par le syndicat Alizé. Sont concernés les actes cotés NMI 11, 11.01, 11.99, 12 et 12.01, qui couvrent la rééducation de patients atteints de paraplégie, de tétraplégie, de myopathies ou d'encéphalopathie infantile : chacun de ces actes voit sa valeur augmenter de 2,21 euros. Cette revalorisation s'inscrit dans le cadre de l'avenant 7 à la convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes, dont l'application se poursuit par étapes successives.
Le même jour, un nouvel acte fait son entrée à la nomenclature : le bilan de repérage de la fragilité de la personne âgée de 70 ans ou plus, coté AMK 10. Selon la FFMKR, ce bilan peut être initié directement par le masseur-kinésithérapeute, sans prescription médicale préalable. Il s'agit d'un acte de repérage, destiné à identifier des situations de fragilité chez des patients âgés suivis par le professionnel, et non d'un acte thérapeutique en tant que tel. La FFMKR et Alizé ne détaillent pas, à ce stade, le contenu précis du protocole de repérage ni ses modalités de valorisation financière au-delà de sa cotation. Ce point pourra faire l'objet d'un suivi dans une prochaine édition si de nouvelles précisions sont publiées.
Orthophonie : la réforme des études s'applique aux étudiants entrant en formation cette rentrée
Toujours à la date du 1er septembre 2026, la réforme des études d'orthophonie prévue par le décret n° 2026-174 et l'arrêté du 11 mars 2026 est entrée en application pour les étudiants qui intègrent la formation à cette rentrée, selon les textes publiés sur Légifrance. Parmi les changements introduits : un stage en milieu scolaire dès la première année de formation, un mémoire de fin d'études désormais présenté sous un format proche de l'article scientifique, et une officialisation, dans le code de l'éducation, du grade de master déjà associé au diplôme.
Ces nouvelles dispositions ne créent aucun droit nouveau ni aucun changement pour les orthophonistes déjà diplômés et en exercice : elles concernent uniquement l'organisation de la formation initiale. Les étudiants déjà engagés dans leur cursus au moment de l'entrée en vigueur du texte restent soumis au régime antérieur, issu des textes de 2013, jusqu'au 1er septembre 2030, selon les mêmes textes réglementaires. Ce chantier est distinct de la revendication portée par la Fédération nationale des orthophonistes (FNO) en faveur d'un statut de profession médicale à compétences définies, sur laquelle aucun développement daté n'a été identifié cette semaine précise.
Pharmacie : une rentrée étudiante à plus de 2 500 euros, en nette hausse depuis 2021
Le Moniteur des pharmacies a publié le 2 septembre 2026 les résultats d'une étude de l'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf) sur le coût de la rentrée 2026, hors dépôt de garantie. Selon cette étude, la rentrée universitaire représente en moyenne une dépense de 2 524,82 euros pour un étudiant en pharmacie, soit une hausse de 18,8 % par rapport à 2021. Le détail par poste de dépense fait apparaître des évolutions marquées sur cette même période : le matériel pédagogique progresse de 58,5 %, les frais de transport de 49 %, et la tenue de stage de 80,7 %.
L'étude relève par ailleurs que 58,38 % des étudiants en pharmacie déclarent occuper une activité rémunérée en parallèle de leurs études, tandis que le budget consacré aux loisirs recule de 34,6 % sur la période étudiée. Cette information provient d'une source professionnelle unique à ce stade, reprise ici avec l'attribution appropriée, faute d'une seconde publication datée permettant de la recouper cette semaine.
Trois textes qui touchent l'exercice et la formation des professions réglementées
Ces trois actualités concernent des professions différentes et des sujets différents : la nomenclature tarifaire pour l'une, la formation initiale pour l'autre, le coût de la vie étudiante pour la troisième. Elles ont un point commun pour les praticiens paramédicaux de l'annuaire Paralib : la nomenclature de la kinésithérapie s'enrichit d'un acte pensé pour le suivi des patients âgés, le cursus d'orthophonie se rapproche du format des études scientifiques, et le coût d'entrée dans les études de pharmacie continue de grimper plus vite que l'inflation. La première évolution touche directement l'exercice quotidien des kinésithérapeutes concernés, les deux autres la génération de futurs confrères et consœurs actuellement en formation.
Bien-être : une semaine sans développement daté, les dossiers de fond restent suivis
Aucune information nouvelle et datée avec précision n'a pu être identifiée cette semaine sur les dossiers de fond habituellement suivis par cette chronique du côté du bien-être : ni sur l'avenir des normes AFNOR consacrées à la naturopathie et au massage bien-être, en cours d'élaboration au sein de la commission ST02/GE02 depuis le début de l'année, ni sur les suites données par le Syndicat des professionnels du bien-être et de la santé intégrative (SPBE) à sa demande d'audiences auprès des ministères de la Santé et du Travail, ni sur les travaux de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) concernant les pratiques de soin non conventionnelles. Il en va de même pour la réforme du compte professionnel de formation portée par le ministère du Travail, susceptible d'affecter les organismes de formation aux métiers du bien-être : des concertations sont annoncées pour le mois de septembre, sans qu'une date précise n'ait, à ce stade, été rendue publique. Faute d'élément vérifiable propre à cette semaine, cette chronique préfère ne pas répéter ces dossiers en détail plutôt que de laisser entendre une actualité qui ne s'est pas produite. Ils restent suivis pour les prochaines éditions.
À retenir
- Depuis le 1er septembre 2026, plusieurs actes de rééducation neurologique en kinésithérapie sont revalorisés de 2,21 euros (avenant 7), et un nouveau bilan de repérage de la fragilité des personnes âgées de 70 ans ou plus entre à la nomenclature, selon la FFMKR et Alizé.
- La réforme des études d'orthophonie (décret et arrêté du 11 mars 2026) s'applique depuis le 1er septembre aux étudiants entrant en formation, sans changement pour les orthophonistes déjà diplômés. Les étudiants déjà engagés restent sous le régime antérieur jusqu'en 2030.
- Selon une étude de l'Anepf relayée par Le Moniteur des pharmacies, la rentrée 2026 coûte en moyenne 2 524,82 euros à un étudiant en pharmacie, en hausse de 18,8 % depuis 2021.
- Aucun développement daté n'a été identifié cette semaine sur les dossiers de fond du bien-être (normes AFNOR, SPBE, Miviludes, réforme du CPF) : ils restent suivis.