Entre le 10 et le 16 août 2026, l'actualité du secteur paramédical a été marquée par trois textes officiels aux échos concrets pour les professionnels : un arrêté qui ouvre aux infirmiers en pratique avancée un nouveau droit de prescription d'antibiotiques strictement encadré, un report d'un an de l'échéance de formation obligatoire pour l'épilation à la lumière pulsée et au laser, et le lancement des préparatifs de la campagne annuelle de prévention de la bronchiolite chez le nourrisson. Une semaine calme sur le plan des grands dossiers de fond - la période estivale limitant logiquement le rythme des annonces institutionnelles - mais qui confirme la tendance de fond à l'élargissement encadré des compétences des professions paramédicales.
Réglementation : les infirmiers en pratique avancée obtiennent un droit de prescription d'antibiotiques, sous conditions strictes
Un arrêté du 7 août 2026, publié au Journal officiel du 11 août 2026, fixe les modalités de la formation spécifique permettant aux infirmiers en pratique avancée (IPA) de prescrire des traitements antibiotiques pour deux infections courantes, dès lors qu'elles ont été identifiées à l'aide d'un test rapide d'orientation diagnostique (Trod), selon le texte consultable sur Légifrance. Les deux situations cliniques concernées sont l'angine à streptocoque du groupe A et la cystite aiguë simple chez la femme.
Selon Le Moniteur des pharmacies, qui a détaillé le dispositif le 11 août, la formation dédiée à l'angine dure au maximum 4 heures - trois heures de théorie en e-learning et une heure de mise en pratique -, portant sur l'identification des symptômes, l'examen clinique, le calcul du score de Mac Isaac, la réalisation du test rapide et la reconnaissance des situations devant conduire à une orientation vers un médecin. Pour la cystite, la formation est plus courte, deux heures au maximum, et porte sur les symptômes, les diagnostics différentiels et la traçabilité de la prescription. Dans les deux cas, la validation des connaissances repose sur un questionnaire à choix multiples nécessitant au moins 8 bonnes réponses sur 10, selon les précisions apportées par l'Omedit Île-de-France, qui a également mis en ligne une analyse de ce texte.
L'arrêté encadre par ailleurs strictement les critères d'inclusion et d'exclusion des patients pouvant bénéficier de cette prescription infirmière : présence de fièvre au-delà de certains seuils, antécédents particuliers ou anomalies cliniques identifiées conduisent à écarter la prescription par l'IPA au profit d'une orientation médicale. Ce texte s'inscrit dans la continuité d'une dynamique déjà engagée pour d'autres professions de santé, notamment les pharmaciens, autorisés depuis plusieurs mois à délivrer certains antibiotiques après test rapide dans un cadre comparable. Il convient de rappeler que cette extension de compétences reste circonscrite à des situations cliniques précisément définies et ne se substitue pas, en dehors de ce cadre, à une consultation médicale.
Esthétique et pratiques paramédicales : la formation obligatoire à l'épilation au laser et à la lumière pulsée reportée à 2027
Second texte réglementaire de la semaine, un arrêté du 11 août 2026, publié au Journal officiel du 12 août 2026, modifie l'arrêté du 19 février 2025 relatif aux caractéristiques de la formation obligatoire pour la réalisation des actes d'épilation à la lumière pulsée intense ou au laser à visée non thérapeutique, selon Légifrance. Cette formation, qui concerne aussi bien les esthéticiennes que les infirmiers diplômés d'État pratiquant ce type d'actes à visée non thérapeutique, devait initialement être validée dans un délai de dix-huit mois après la publication du texte de février 2025, soit fin août 2026.
Selon L'Officiel des métiers, qui a relayé l'information le 12 août, ce délai est désormais repoussé au 1er septembre 2027. Le ministère de la Santé justifie ce report par « les contraintes d'organisation des sessions de formation » et par la volonté d'« éviter une interruption brutale d'activité » pour les professionnels concernés, alors que l'offre de formation homologuée n'était, semble-t-il, pas encore en mesure d'absorber l'ensemble des praticiens tenus de s'y conformer. L'attestation de suivi de cette formation reste valable cinq ans une fois obtenue. Ce report d'un an, sans remettre en cause le principe d'une formation obligatoire pour ces actes à visée esthétique, illustre les difficultés récurrentes de mise en œuvre concrète des obligations de formation continue dans les professions de soin et de bien-être, un sujet déjà observé à plusieurs reprises cette année pour d'autres dispositifs.
Prévention : les modalités de la campagne 2026-2027 contre la bronchiolite du nourrisson sont fixées
Sur le plan de la prévention, la Direction générale de la santé a diffusé le 10 août 2026 un message d'alerte professionnelle (DGS-Urgent) précisant les modalités de la campagne de prévention des infections à virus respiratoire syncytial (VRS), principale cause de bronchiolite chez le nourrisson, pour la saison 2026-2027, selon les informations relayées par Le Moniteur des pharmacies et par le syndicat USPO. La campagne débutera le 14 septembre 2026 en métropole et se poursuivra jusqu'au 28 février 2027, avec un calendrier adapté pour les territoires ultramarins : dès le 31 août 2026 en Martinique et en Guadeloupe, le 28 septembre à La Réunion, le 1er octobre à Mayotte, la Guyane bénéficiant quant à elle d'une prévention proposée tout au long de l'année en raison de la circulation continue du virus.
Deux stratégies de protection restent proposées aux familles, rappelle Le Moniteur des pharmacies : la vaccination maternelle, avec le vaccin Abrysvo administré entre la 32e et la 36e semaine de grossesse, ou l'immunisation passive du nourrisson par anticorps monoclonal. Sur ce second volet, la principale nouveauté de la saison 2026-2027 est l'arrivée d'un troisième anticorps monoclonal, l'Enflonsia (clésrovimab), en dose unique de 105 mg, aux côtés du Beyfortus (nirsévimab), déjà largement utilisé les saisons précédentes en dose unique adaptée au poids de l'enfant, et du Synagis (palivizumab), réservé aux nourrissons à haut risque et nécessitant des injections mensuelles répétées. Selon Le Moniteur des pharmacies, les pharmaciens d'officine, en première ligne pour informer les familles, devront notamment être en mesure de bien distinguer la vaccination maternelle de l'immunisation passive du nourrisson, ces deux approches reposant sur des mécanismes différents mais poursuivant le même objectif de réduction des formes graves de bronchiolite.
Cette campagne, reconduite chaque année depuis la mise sur le marché des premiers anticorps monoclonaux longue durée, s'inscrit dans une politique de prévention désormais bien installée, à laquelle sages-femmes, pharmaciens, infirmiers et médecins concourent chacun selon leurs compétences propres. Comme pour toute mesure de prévention infantile, le choix de la stratégie la mieux adaptée à chaque situation relève d'un échange avec un professionnel de santé, et ne saurait faire l'objet d'un conseil générique.
Les dossiers à suivre : pas de développement nouveau cette semaine
Plusieurs dossiers de fond suivis par cette rubrique ces dernières semaines n'ont pas connu de développement daté au cours de la période du 10 au 16 août 2026 : les suites de la mission Igas sur la périnatalité, le calendrier de la vaccination antigrippale obligatoire pour les professionnels de santé évoquée par la Haute Autorité de santé en juillet, l'exploitation des données de santé par Doctolib pour l'entraînement de son intelligence artificielle clinique, la réforme du compte personnel de formation, ainsi que les négociations conventionnelles entre les syndicats de masseurs-kinésithérapeutes et l'Assurance Maladie autour du rapport « Charges et produits 2027 ». Ces dossiers restent suivis et seront documentés dès qu'une actualité datée et vérifiable le justifiera, la période estivale ayant logiquement ralenti le rythme des annonces institutionnelles et des négociations conventionnelles.