Semaine du 19 au 25 octobre 2026. Une recherche approfondie sur les disciplines du bien-être au sens large (sophrologie, naturopathie, réflexologie, yoga, méditation, hypnose, aromathérapie, qualité de vie au travail, normes AFNOR) n'a permis d'identifier aucune actualité suffisamment datée et sourcée sur cette période précise. Le fait marquant de la semaine vient du Parlement : vendredi 23 octobre, l'Assemblée nationale a rejeté le volet recettes du budget de la Sécurité sociale pour 2027. Ce rejet remet en suspens plusieurs mesures suivies par les praticiens et les établissements du paramédical et du bien-être, à commencer par le financement des cures thermales.

Le budget de la Sécu 2027 retoqué par l'Assemblée nationale

Selon LCP, les députés ont rejeté vendredi 23 octobre la partie « recettes » du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, par 115 voix contre et une seule voix pour. Les groupes du bloc central, Ensemble pour la République, Les Démocrates et Horizons, se sont abstenus, tandis que la quasi-totalité des autres groupes ont voté contre. La partie « dépenses » du texte n'a pas pu être examinée, faute de recettes votées pour la financer.

Les motifs du rejet diffèrent selon les bancs, toujours selon LCP : les députés du bloc central ont dénoncé une forme d'irresponsabilité budgétaire, les Républicains ont jugé que le redressement des comptes sociaux n'était pas atteint, les socialistes ont estimé que le texte ne prévoyait pas assez de recettes nouvelles, et le Rassemblement national a parlé de simples « rustines ». Le texte, amendé au fil des votes par des majorités changeantes, prévoyait un déficit de la Sécurité sociale porté à 24 milliards d'euros, loin de l'objectif gouvernemental de 12,7 milliards pour 2027 (contre 21,8 milliards attendus en 2026), avec un objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) limité à +2 %. Le Club des juristes précise la conséquence de ce rejet : le texte repart au Sénat dans sa version initiale, celle du gouvernement, sans les amendements votés par les députés.

LCP relève aussi que la partie « dépenses », restée hors d'atteinte du débat, prévoyait un gel partiel de certaines pensions de retraite et des allocations familiales. Ces mesures n'ont donc pas davantage été votées et repartent dans la version initiale du gouvernement. Ce blocage ne touche pas directement les négociations conventionnelles en cours entre l'Uncam et les syndicats de kinésithérapeutes (FFMKR, SNMKR, Alizé) sur le nouveau modèle économique de la profession : elles se poursuivent indépendamment du calendrier budgétaire, sans élément nouveau daté cette semaine précise.

Cures thermales : le dossier renvoyé au Sénat, rien ne change pour l'instant

Ce rejet a une conséquence concrète pour le secteur du thermalisme, souvent associé aux activités de bien-être. Le gouvernement prévoyait, dans l'article 43 du PLFSS, de transférer environ 200 millions d'euros de la prise en charge des cures thermales de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé, dans le cadre d'un mouvement plus large de 700 millions d'euros de charges déplacées vers les mutuelles, présenté par la ministre de la Santé Stéphanie Rist devant le conseil de la Cnam début octobre. Les cures thermales sont aujourd'hui remboursées à 65 % par l'Assurance maladie au titre du forfait thermal.

Faute de temps, selon L'Officiel du Thermalisme, trois amendements défendant le maintien du remboursement actuel sont tombés sans avoir pu être examinés en séance. Le premier (n° 232), porté par le député Denis Fégné, président du groupe d'études Thermalisme, et cosigné par dix parlementaires de cinq groupes différents, demandait qu'aucune modification ne soit décidée avant les conclusions de la Haute Autorité de santé (HAS), que le gouvernement a saisie en février 2026 pour évaluer le service médical rendu de la médecine thermale. Le second (n° 1339), signé par 47 députés du groupe Droite républicaine, s'opposait frontalement aux 200 millions d'économies prévus. Le troisième (n° 246), déposé par le député Lionel Causse (Ensemble pour la République) et cinq cosignataires, rappelait lui aussi la saisine de la HAS. Pour les curistes, la situation reste donc inchangée dans l'immédiat : la mesure n'a pas été adoptée et les conditions actuelles de remboursement demeurent en vigueur.

Le Conseil national des établissements thermaux (CNETh) avait anticipé ce débat dès le 14 octobre, qualifiant sur Sud Radio ce transfert de charges de « déremboursement qui ne dit pas son nom » et pointant la hausse de cotisations qu'il ferait peser sur les quelque 500 000 patients, souvent atteints de pathologies chroniques, qui suivent chaque année une cure thermale. Le secteur avait déjà obtenu gain de cause l'an dernier : un amendement similaire de déremboursement partiel avait été rejeté par 167 voix contre 24 lors de l'examen du PLFSS 2026.

La taxe sur les groupements de pharmacies, elle aussi en suspens

Le même rejet global emporte, au moins temporairement, une autre mesure surveillée par les professions de santé libérales : l'article 10 du PLFSS, qui prévoit une taxe de 10 % sur les groupements de pharmacies d'officine, pour un rendement attendu d'environ 100 millions d'euros. Selon Le Quotidien du pharmacien, la commission des affaires sociales de l'Assemblée avait déjà rejeté, le 15 octobre, l'ensemble des amendements déposés par des députés de tous bords pour supprimer ou limiter cette taxe, malgré les explications données en séance par le rapporteur général du texte, Thibault Bazin. Les groupements concernés avaient fait savoir, par la voix de la même publication professionnelle, que cette taxe serait répercutée sur les officines elles-mêmes. Avec le rejet de l'ensemble du volet recettes le 23 octobre, cette disposition n'est pas non plus adoptée en l'état : elle repart, comme le reste du texte, dans la version initiale du gouvernement soumise au Sénat.

La suite : le Sénat à partir du 9 novembre, un recours au 49.3 pas exclu

Le calendrier parlementaire se poursuit désormais dans l'autre chambre. Selon L'Officiel du Thermalisme, la discussion générale au Sénat doit s'ouvrir le lundi 9 novembre, l'examen des articles se poursuivre jusqu'au 17 novembre, avant un vote solennel attendu le mercredi 18 novembre. En cas de désaccord entre les deux chambres, une commission mixte paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs, tentera de trouver un compromis. À défaut, une nouvelle lecture aura lieu dans chaque assemblée, l'Assemblée nationale ayant alors le dernier mot.

LCP relève par ailleurs une inconnue qui pèse sur l'ensemble du processus : sans un accord transpartisan comparable à celui trouvé l'an dernier avec les socialistes (lequel avait supposé la suspension de la réforme des retraites), le Premier ministre Sébastien Lecornu pourrait être tenté de recourir à l'article 49.3 de la Constitution, voire, après le délai légal d'examen, à des ordonnances en matière budgétaire, un procédé qui serait alors inédit.

À retenir

Pour les praticiens du bien-être et du paramédical, cette semaine se résume à une bataille budgétaire inachevée, pas à une décision définitive. Rien ne change dans l'immédiat, ni pour le remboursement des cures thermales ni pour la fiscalité des groupements de pharmacies : les deux dossiers repartent au Sénat, qui reprend l'examen du texte à partir du 9 novembre sur la base du projet initial du gouvernement. Cette rubrique reviendra sur le sujet dès qu'une décision plus ferme interviendra à la chambre haute ou en commission mixte paritaire.